Kolthari

Deuxième étape du kalaripayat, où l'on aborde les armes de bois : pandicuran, mucan, otta.
Le kolthari est l’art de se battre avec un bâton, arme favorite des moines bouddhistes et des pèlerins. Long ou court, se tenant à deux mains ou à une seule, la prise s’effectuant par le bas, ce bâton en bois très dur pourrait se mesurer à une épée et livrer des coups mortels.
Les combattants utilisent aussi les pieds et les poings.
Cette science martiale a été très perfectionnée.
Certains combats aujourd’hui se font encore avec des cannes dont le bout a été enduit dans de l’indigo, et le combattant marque ses coups sur le corps de l’adversaire sans lui faire aucun mal.

Le Kerala, pays de jungles et de forêts, regorge de bois de teck, de bois de rose, de bambous, de palmiers et de cocotiers. La plupart des armes sont en bambou. Le bâton est à la fois arme, outil, instrument et symbole de pouvoir. C’est un des plus anciens attributs humains.

Le pandicuran ou kettukari est un bâton souple et long (environ 12 empans, du sol au front de l'utilisateur).
Ses objectifs, limités à cause de sa taille, sont le sommet du crâne, tala, les tempes, cenni, sous le menton, keezhtadi, les flancs, vari, les jambes, kal. Son maniement se décline en 12 séquences.
L'entraînement au pandicuran est introduit par une prière courte, un mukakettu.

Le mucan ou ceruvadi est un bâton court (environ 3 empans), d'un bois plus rigide et d'un diamètre plus important que le pandicuran. Rapidité des bras et des mains, vélocité du regard, fermeté du pas, ancrage au sol sont les aspects caractéristiques de ses séquences, qui sont également au nombre de 12.
L'entraînement commence aussi par un mukakettu spécifique.

OttaL'otta, bâton court et courbe, est au coeur du kalaripayattu vadakkan.
Un manche de bois dur en forme de trompe d’éléphant, se termine par une pointe. Il a trois courbes, d'où son deuxième nom, muppiri. Poignée non comprise, sa longueur totale est de 18 pouces.
Avec l'otta, on aborde l'étude des points vitaux, marmam. Ces séquences comportent des techniques de leurre et chaque attaque a pour objectif un point vital. 64 d'entre eux sont concernés pour 18 séquences.
Caractérisées par des changements très rapides de plan (vers l'avant, vers l'arrière), les séquences de l'otta font travailler les sauts catangal, les postures cuvadukal, les clés, puttakal.

Le premier jour d'étude de l'otta doit être un jour faste, et une puja, (prière, cérémonie) est faite, dans le kalari, en l'honneur de Ganesh, qui dégage les obstacles, par l'offrande notamment d'une noix de coco, et en l'honneur de Kali, déesse du kalari.
Au quotidien, l'entraînement à l'otta a aussi ses mukakettukal spécifiques, un de la 1ère à la 3ème séquence, un autre de la 4ème à la 7ème, et encore un autre pour les 11 dernières séquences.