Coincé entre les chaînes de montagnes et la mer d'Oman, protégé des invasions par une jungle impénétrable, le Kerala s'ouvrit très vite vers la mer. Les keralais, peuple de marins, eurent des contacts avec Babylone, l'Assyrie, la Chine, ...
Les portugais, les hollandais, les français puis les anglais laissèrent tour à tour leur marque dans cette contrée aux multiples influences.
Les techniques de kalaripayat sont décrites dans de très anciens manuscrits, non datés, gravés sur feuilles de palmier, puis enduits de suie noire.
Dans le Dhanurveda, traité des sciences martiales, sont décrites des postures ainsi que des enchaînements de l'épée et du bouclier similaires à ceux du kalaripayat. Dans le Sukranithi, on trouve également décrites toutes les techniques de combat utilisées dans le kalaripayat. D'après ces traces, l'existence du kalaripayat remonterait à 1500 av. J.C...
A l'apogée des empires dravidiens Cola et Cera, au Xème siècle ap. J.C., dans le sud de l'Inde, sont édifiés de nombreux temples kalari.
Enfin, la plupart des Vaddakan Pattukal, chants traditionnels malayali remontant aux 17ème et 18ème siècles (ap. J.C.), évoquent les grandes familles de guerriers kalari et leurs hauts faits d'armes, tels Tacholikuruppanmar, Aromalchekevar, ....
Le kalaripayat est profondément lié aux coutumes et religions de l'Inde. C'est un pays de conteurs, et son histoire a été transmise oralement de génération en génération.
On trouve le kalaripayat également orthographié Kalaripayatt, kalaripayit, kalaripayattu ou kalaripayatum.
Les grands maîtres contemporains s'accordent à dire que l'épaisse jungle qui couvrait le Kerala, des montagnes à la mer, ainsi que la présence de nombreux animaux étaient les sources d'inspiration originelles du kalaripayat.
Le kalaripayat est un art martial proche du kathakali, une forme de danse classique, de théâtre dansé, originaire du Kerala. C'est une combinaison spectaculaire de drame, de danse, de musique et de rituel. Le travail de l'acteur de kathakali est très exigeant physiquement et se maîtrise justement par les mêmes méthodes de concentration d'énergie mises en oeuvre dans l'entraînement du kalaripayat.
Le Kalaripayat constitua la formation des guerriers des armées royales du Kerala. Interdite sous la colonisation britannique, sa transmission se poursuivit en secret, et son enseignement a longtemps eu lieu sous l'abri des huttes à moitié souterraines, aux proportions et à l'orientation très définies. Certains "combattants de la liberté" l'utilisèrent aussi dans leur lutte pour le départ des britanniques.
De nos jours, il existe un certain nombre d'écoles dispersées dans le sud de l'Inde, (C.V. Narayanan Kalari, Vallapatta Kalari, ...) qui portent le nom des maîtres des différents styles qui se sont développés. Les maîtres y dispensent leur enseignement à un public d'enfants, de jeunes gens et d'adultes. Les femmes y ont accès comme les hommes, mais il est rare qu'elles continuent de pratiquer après leur mariage.