
Le Kalaripayat n'est pas uniquement un art de combat. C'est une philosophie de vie dont le but est d'arriver à la pureté du corps et de l'esprit. Si le corps va mal, l'esprit va mal, et inversement. Les écrits sacrés recommandent de prendre conscience de son corps et d'abandonner l'ego et le désir, sources de souffrances. Le kalaripayat combine l'art du combat, la médecine, la philosophie et la religion.
Comme les autres arts martiaux, les buts fondamentaux du kalaripayat sont l'acquisition d'une hygiène de vie et le développement de la confiance en soi, en apprenant à faire face à l'agression et à connaître et à tempérer sa propre agressivité ; les plus violents ne sont pas les plus sûrs d'eux. Le kalaripayat tend fondamentalement à la non-violence, et cultive l'introspection face aux parts destructrices de l'impulsivité humaine. Sa pratique calme, détend et rassure.
Sur le plan physiologique, il développe et entretient la tonicité musculaire, la souplesse, l'équilibre et les réflexes. Aérien et fluide, c'est un objet d'intérêt pour quelques chorégraphes occidentaux, qui l'intègrent à leurs recherches (Wim Vandekeybus; Bartabas, ...)
Les maîtres (ou gurrukal) de Kalari pratiquent bien entendu le yoga, car le kalari confère au contrôle du souffle et à la méditation une importance primordiale. Art de l'esquive et de la surprise, le kalari est fondé sur la connaissance des marmas - points vitaux -. Un maître sait neutraliser la force de son adversaire, mais aussi soigner les blessures qu'il inflige. De fait profondément lié à la médecine ayurvédique, le kalari a développé ses propres techniques de massage kalari-ayurvédiques (ou massages marma), et les maîtres de kalari sont également thérapeutes.
Pour se protéger contre les animaux sauvages lors de leurs déplacements, les précurseurs du kalari les observèrent d'abord attentivement : l'éléphant combat toujours en tournant le dos, le lion penche la tête et lève la patte en avant, le tigre attaque de front en bondissant, l'ours baisse la tête et charge tout droit, le serpent se bat de haut en bas et mord de bas en haut, ...
Ces observations donnèrent naissance à l'Asata Vadivu (ou Verum Kall), les huits techniques originelles de défense et d'attaque à mains nues, copiées sur les postures de huit animaux sauvages de la jungle du Kerala. C'est le style le plus ancien de kalari qui soit encore connu, dont découlent les autres tyles qui nous sont parvenus jusqu'à aujourd'hui : le vatten thiraptu, l'arrapukki, le pillathangi, le dronanbalny, l'otamurassery, le wallavhatta et le meipayattu.
Le meipayattu est l'équivalent du tao dans le kung-fu. Les mouvements s'enchaînent de manière très fluide. Les 12 leçons de meipayattu sont une succession de bonds, extensions, exercices de souplesse, travail d'équilibre et positions d'inspiration animale. C'est la base du kalaripayat.
Shyne Tharappel Thankappan a acquis la maîtrise du kalarippayattu auprès E.P. Vasudeva gurukkal au C.V.N. Kalari de Kaduthuruthi (Kerala). Son kalari est de style vadakkan (école du Nord), arrapukki, qui est un système d'auto-défense par l'usage de techniques martiales, très préservé, lui même divisé en deux sous-styles, Kaluarthi et Kaikuthi. Shyne Tharappel Thankappan utilise un style kaluarthy, privilégiant les jambes, avec confiance et précision sur le corps de l'adversaire.